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Se constituer une bonne retraite : une précaution indispensable

9 Decembre 2015
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Du jamais-vu depuis 2004 : il y a un peu plus de deux mois, le 24 septembre dernier, la ministre des Affaires sociales annonçait que la branche vieillesse du régime général serait "en léger excédent" en 2016. "Des efforts sont demandés, ils portent des résultats", s’était réjouie Marisol Touraine, pour rassurer les Français. Une excellente nouvelle, car on revient de loin : en 2010, le trou était encore de 9 milliards d’euros. Mais l’enthousiasme gouvernemental doit être tempéré : l’équilibre sera précaire. Et ne résout qu’une partie du problème. Précaire, parce que l’excédent ne sera que de 43 millions. C’est mince, face aux 123 milliards de retraites versés. Il suffirait d’un rien – un peu plus de départs que prévu, un peu moins de croissance – pour que les comptes rebasculent dans le rouge.

Mais l’urgence, cet automne, n’était pas au régime général, qui n’assure, au maximum, qu’une pension mensuelle de 1.585 euros. Il fallait jouer les pompiers pour sauver les régimes complémentaires, l’Arrco (salariés) et l’Agirc (cadres), qui complètent la retraite de base. Les causes du déséquilibre sont connues : pas assez d’actifs, et, en face, de plus en plus de retraités. A l’Arrco, ils sont 18 millions à cotiser et 12 millions à toucher les pensions. A l’Agirc, 4 millions de cotisants alimentent les retraites de 2,7 millions de pensionnés. Et là, nouvelle surprise, le MEDEF est parvenu à décrocher en octobre un accord pour rééquilibrer ces deux régimes, en embarquant la CFDT et la CFE-CGC.  Cette négociation, qualifiée d’historique par le patronat, visait à peser sur le comportement des candidats à la retraite en les incitant à retarder leur départ. De fait, en introduisant un système de bonus-malus, les partenaires sociaux escomptent pousser les salariés à travailler jusqu’à 63 ans à partir de 2019, soit une année de plus, même s’ils ont rempli les conditions nécessaires pour partir avec une retraite à taux plein (âge légal de 62 ans et 41,5 ans de cotisation). En partant à 62 ans, au lieu de 63, le revenu complémentaire serait amputé de 10% la première année, 10% la seconde, et 10% la troisième. Une décote dissuasive. 

 Age minimal en question

Pour autant, le débat sur l’âge minimal du départ à la retraite est loin d’être clos. Car c’est bien le point faible français. "Lorsqu’on compare la France aux autres pays de l’OCDE, le principal problème, c’est la durée moyenne passée à la retraite", confirme Hervé Boulhol, économiste et responsable de l’équipe "retraites" au département de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE.

Les Français sortent, en moyenne, avant 60 ans du marché du travail. Et leur espérance de vie moyenne à cet âge (de 23 ans pour les hommes et de 27 ans pour les femmes) est la plus haute de celles observées dans tous les pays de l’OCDE. "Ils ne cotisent pas assez longtemps, mais perçoivent des retraites pendant de longues années." De plus en plus d’avis convergent donc vers un âge minimal de départ plus élevé.  Depuis cet été, la commission des Affaires sociales du Sénat a proposé de le relever de cinq mois par an, pour qu’il atteigne 64 ans en 2024. Quant à François Fillon, il préconise de relever cet âge légal à 65 ans.

Ces déclarations attisent encore un peu plus la méfiance des Français. Ils ont quelques bonnes raisons d’être amers. D’abord, il y a ces retraites chapeaux des grands patrons qui, à intervalle régulier, suscitent la polémique. Les fortes disparités entre générations alimentent aussi les rancœurs. Selon le Conseil d’orientation des retraites, un salarié ayant eu une carrière type complète touchera 75% de son dernier salaire s’il est né en 1950. Avec la même carrière, un salarié né en 1974 touchera, lui, 67% de son dernier salaire… Le tout en ayant cotisé deux ans et demi de plus.

Différences accrues

Enfin, avec 40 régimes obligatoires recensés par l’OCDE, difficile de ne pas avoir l’impression d’être toujours moins bien servi que son voisin. Les fonctionnaires sont enviés par les salariés, d’autant que leur situation s’est améliorée. En quinze ans, la différence de taux de remplacement (la pension de retraite exprimée en pourcentage du salaire d’activité) entre la retraite d’un enseignant et celui d’un cadre du privé va doubler ! De quoi susciter de l’envie… Quant aux indépendants, ils jalousent salariés du privé etfonctionnaires, persuadés d’être les dindons de la farce. En fait, explique Jean-Charles Naimi, porte-parole de Previssima.fr, un site d’information spécialisé dans la protection sociale : "Il est normal que les travailleurs non salariés perçoivent en moyenne une retraite plus faible que les salariés… puisqu’ils cotisent moins. Cela leur laisse davantage de marge de manœuvre pour gérer leur retraite de façon indépendante."

Mieux que les autres, les indépendants et les libéraux savent qu’il leur faut prendre des dispositions pour améliorer leurs vieux jours. Ils y sont encouragés par les incitations fiscales des contrats Madelin, qui existent depuis les années 1990. Et pourtant, avec 3.000 euros net mensuels de revenus moyens, ils parviennent difficilement à mettre de l’argent de côté : en moyenne, les contrats Madelin atteignent, au moment de leur liquidation, à peine 42.000 euros. Soit environ 150 euros par mois. Un montant nettement insuffisant, même comme complément de revenu.

Et pourtant, sur le sujet des retraites, les Français ont fait du chemin. Cinq réformes menées depuis 1993 leur ont fait prendre conscience que le régime général ne suffira plus à leur assurer de vieux jours confortables. Patiemment, ils mettent de l’argent de côté. Leur taux d’épargne, autour de 15% du revenu disponible, n’est pas par hasard l’un des plus élevés d’Europe. Pourtant, ils ne font pas toujours ce qu’il faut. Ils rechignent, par exemple, à investir dans des produits consacrés à l’épargne retraite, rebutés par l’immobilisation longue des fonds et leur restitution sous forme de rente. Du coup, leur effort d’accumulation se révèle souvent largement insuffisant pour satisfaire leurs attentes.

Produits générationnels

En suivant les conseils des experts de Valoxia, ils devraient éviter bien des erreurs. Pour ceux qui le peuvent chez les plus jeunes, l’acquisition de la résidence principale constitue une épargne forcée non négligeable. A défaut, d’autres placements immobiliers permettront de profiter d’un effet de levier. Et l’assurance-vie offre une enveloppe fiscale privilégiée. Les quadras peuvent, eux, songer à l’immobilier locatif, surtout lorsqu’ils sont fortement imposés. Enfin, les quinquas peuvent sereinement envisager l’ouverture d’un Perp. Et pour ceux qui ont l’impression d’avoir tout fait à l’envers, pas de panique : la pire des solutions, c’est de ne rien faire. Et il est toujours temps de redresser la barre. Voici nos conseils:

http://www.valoxia.com/preparer-ma-retraite,c49/